Une journée aux soins intensifs


L’Unité des soins intensifs est particulière puisque les patients qui y sont admis se trouvent dans un état critique. Ils nécessitent des soins précis et continus, sont souvent inconscients ou sous sédatifs et branchés à de nombreuses machines.

C’est pourquoi les infirmières sont attitrées à un ou deux patients et qu’il arrive même qu’elles soient deux à faire équipe pour traiter les cas particulièrement complexes. 

« Les infirmières aux soins intensifs connaissent très bien leurs patients, mais très peu se souviennent de nous à leur sortie de l’Hôpital » explique Colleen Stone, infirmière gestionnaire à l’Unité de soins intensifs. « Ce n’est pas une mauvaise  chose en soi, compte tenu l’état dans lequel ils se trouvaient. Au final, nous préférons qu’ils en gardent le moins de souvenir possible. C’est bien souvent leurs proches qui leur conteront cette partie de leur séjour. »

L’infirmière à leur chevet occupe plusieurs rôles : elle doit prodiguer les soins, transmettre les résultats de tests aux médecins, jouer un rôle actif dans la prise de décisions et aller chercher les ressources nécessaires pour son patient, qu’il s’agisse de docteurs, de physiothérapeutes ou d’ergothérapeutes. Elle agit à titre de représentant du patient et est constamment appelée à penser et à analyser des résultats.

Colleen connaît très bien l’Unité des soins intensifs. Elle a choisi cette spécialité il y a 28 ans et n’a jamais regardé en arrière depuis.

« Même après toutes ces années, nous continuons d’apprendre de nouvelles choses chaque jour. Des progrès constants sont faits quant aux protocoles, aux traitements et aux technologies utilisés.  Ces changements entraînent des défis supplémentaires, mais nous savons qu’ils en valent la peine puisqu’au final, les soins que nos patients reçoivent à ce moment de grande vulnérabilité ont un impact important sur leur vie. »

À l’Hôpital général de Montréal,  une équipe de 120 infirmières, commis et préposés aux bénéficiaires se relaie aux soins intensifs. L’équipe de leadership est composée de l’infirmière gestionnaire, de quatre assistantes infirmières gestionnaires et de deux éducatrices. Un grand travail d’équipe est nécessaire afin de coordonner le recrutement du personnel, les horaires, la formation continue et de le bon déroulement quotidien de l’unité. L’équipe leadership s’assure également que le niveau de soin apporté aux patients soit continuellement relevé. C’est pourquoi elles organisent des sessions d’information et de formation continue que ce soit pour peaufiner les techniques de soins, pour familiariser le personnel à de nouvelles technologies ou encore pour les informer des projets de recherche en cours.

Colleen Stone, Bita Danechi et Laurie Best
Colleen Stone, Bita Danechi et Laurie Best

S’occuper aussi des familles

La plupart du temps, les patients admis aux soins intensifs n’avaient aucune idée qu’ils termineraient la journée à l’hôpital. Leurs proches non plus, c’est pourquoi le rôle de Bita Danechi, infirmière attitrée aux familles, est si important au sein de l’Unité des soins intensifs. Elle accueille les familles dès leur arrivée à l’Hôpital et elle est là pour les épauler dans cette période de stress et d’incertitude.

« Nous essayons de toujours faire un pas de plus, un geste de plus pour alléger leur peine. Une fois je me souviens, une petite fille était venue visiter sa mère aux soins intensifs. Au moment de partir elle était chamboulée et ne voulait pas la quitter. Nous lui avons prêté un toutou qu’elle a serré fort contre elle avant de le laisser auprès de sa mère pour la nuit, afin qu’elle ne soit pas seule. Ce petit geste tout simple a fait une différence énorme pour elle et sa famille. » 

Comme les patients ne sont pas en mesure de parler, Bita s’assoit avec leurs proches pour dresser un portrait de leurs habitudes, de leurs antécédents et de leur état de santé. Informations qu’elle transmettra ensuite à l’équipe soignante pour les guider dans leurs réflexions.

La famille sera, dans la vaste majorité des cas, celle qui devra prendre les décisions quant aux traitements à apporter ou aux soins de fin de vie. L’infirmière doit donc être en mesure de l’accompagner dans ce processus et de vulgariser toute l’information pour les aider dans ces prises de décisions parfois déchirantes. C’est à ce moment que l’approche personnalisée revêt toute son importance.

Le défi des soins intensifs

Peu de graduées commencent leur travail aux soins intensifs. Elles ont plutôt tendance à travailler sur les étages pendant quelques années, le temps d’accumuler un peu d’expérience avant de faire le saut dans cette spécialité bien particulière.

C’est le défi des soins intensifs qui a poussé Laurie Best, infirmière au chevet, à choisir ce département il y a de cela 30 ans. Elle venait de passer deux ans sur les étages et souhaitait essayer cette forme bien spéciale de soins aux patients. Elle n’a jamais regretté son choix.

« J’ai tellement appris en travaillant aux soins intensifs! Chaque patient qui arrive a une histoire qui lui est propre et une situation complexe à analyser. Puis il y a quelque chose d’extrêmement humain dans cette pratique. En étant constamment au chevet du patient et en interagissant avec sa famille, un lien particulier se crée. Ça apporte une toute autre dimension à la notion de soins. »

Dans un contexte où les patients sont souvent inconscients et où il faut leur faire subir de nombreux tests de façon régulière, il pourrait être facile de perdre de vue qu’il s’agit d’êtres humains et non simplement de cas. C’est pourquoi l’équipe des soins intensifs se fait un devoir d’agir chaque jour avec le plus grand respect envers les patients et leurs familles.

« Chaque patient que nous traitons est le parent, le frère, la sœur, l’enfant ou l’ami de quelqu’un. Il ne faut jamais l’oublier. C’est pourquoi nous leur parlons bien souvent, même s’ils ne sont pas en mesure de nous répondre. En s’adressant à eux et en leur expliquant les soins que nous leur prodiguons ou les examens qu’ils subiront, nous leur redonnons une partie de leur dignité. »

Le travail aux soins intensifs en est un d’équipe. Parce qu’elles savent que les journées sont longues et parfois éprouvantes, un sentiment de franche camaraderie s’est développé au sein de l’Unité. Ensemble, les infirmières partagent les moments de joie, mais aussi ceux de peine. Leur dévouement à offrir des soins vitaux aux patients est sans faille et pour cela, nous les remercions.

Si vous souhaitez vous aussi offrir un soutien vital aux patients de l’Hôpital général de Montréal et à leurs proches, nous vous invitons à cliquer ici. Vos dons permettront d’offrir des soins de pointe à la communauté ainsi que des opportunités de formation et de recherche en soins infirmiers à l’Hôpital général de Montréal.

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