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La compassion : clé de guérison


Je m’appelle Maryam. J’ai 29 ans. À 22 ans, j’ai développé un trouble de personnalité limite.

Pour commencer à me remettre debout, j’ai dû mener, pendant 7 ans une lutte digne d’une épopée. Je ne réalisais pas à quel point j’étais puissante avant de traverser cet enfer.

Pour moi cette prise de parole est significative car c’est une belle opportunité qui me permet de transformer une souffrance psychologique qui a duré trop longtemps en opportunité de guérison permanente non seulement pour moi mais aussi je l’espère, pour mon prochain, dans l’optique que mon pays au complet puisse en bénéficier.

J’ai accepté de témoigner aujourd’hui à visage découvert malgré les stigmatisations qui entourent ce sujet, car je souhaiterais à ma façon et à mon échelle, venir justement à bout des stigmatisations. Je trouve qu’il y a encore trop d’ignorance et de préjugés et donc trop de tabous et de non-dit.

Je ne sais pas si vous réalisez à quel point votre simple lecture est importante et à quel point elle peut faire toute la différence dans la vie de quelqu’un, dans la vie de chacun et, à terme, pour la santé, la vitalité et le bien-être de notre société au complet.

Avoir un trouble de la personnalité limite, c’est vivre chaque jour avec une souffrance infernale durable, intense et fréquente. On entend souvent que les gens borderlines ont des réactions disproportionnées à certains déclencheurs, mais dans les faits, ces réactions d’apparence illogiques sont très logiques et sont proportionnelles au calvaire intérieur que nous vivons.

Ma lutte intérieure est incessante et elle est ponctuée de crises et de répits. J’ai mis ma vie en péril à plusieurs reprises, mais je travaille fort désormais à trouver des alternatives, des outils qui me permettent de me construire et de mener une vie pleine et à la mesure de toutes les richesses intérieures que j’abrite en moi. Je me sens désormais de plus en plus capable de contribuer à construire notre société avec ma différence et j’en suis vraiment fière.

Il est possible d’atteindre un équilibre, une phase de rémission comme on l’appelle.

Pour ce faire, nous avons besoin de la thérapie appropriée et nous devons nous investir activement et nous engager dans notre processus de guérison. J’ai dû ainsi m’engager envers moi-même et faire souvent des choix difficiles, à l’opposé de ceux que je faisais avant pour mon fonctionnement quotidien. J’ai appris à lâcher prise et à chercher les outils qui me permettent de développer les compétences dont j’avais besoin, pour me forger progressivement en tant que jeune adulte responsable, autonome, stable et épanouie.

À date, j’ai réussi à arrêter toutes les stratégies dysfonctionnelles et souvent dangereuses, voire mortelles que j’utilisais pour calmer ma souffrance. Pour y arriver, la thérapie est justement très utile, quoi que très confrontante. Ce n’est pas toujours une partie de plaisir, mais nous avons la chance de bénéficier d’une thérapie conçue pour nous par Marsha Linehan et d’avoir accès à de bons professionnels à Montréal qui sont là pour nous aider.

Il est donc important de les aider à notre tour à maintenir et à améliorer la qualité des soins, et de leur fournir les ressources nécessaires afin qu’ils puissent accueillir de plus en plus de gens, encore plus rapidement.

Quand une personne en détresse psychologique a accès aux services dont elle a besoin, ceci permet de sauver des vies et de réduire grandement la souffrance. Ça permet aussi de soulager la famille, les proches, l’entourage, mais aussi la société et tous les services de santé : des urgences, aux centres de crise en passant par les CLSC. Et ça permet à la personne concernée de se concentrer sur ce qu’il y a de beau en elle et de le partager. Au final, nous en sortons tous gagnant.

Nous sommes tous concernés par ce sujet d’une façon ou d’une autre, directement ou indirectement. Nous pourrions tous être touchés un jour puisque personne n’est à l’abri d’une dépression ou d’un surmenage par exemple, et nous côtoyons tous au moins une personne concernée par cette problématique.

Je crois sincèrement que la thérapie et les autres services en santé mentale devraient être démocratisés car ils sont salutaires et salvateurs pour l’ensemble de la société. Dans le cas de quelqu’un vivant avec un trouble de personnalité limite, l’accès à ces services est une question de vie ou de mort. C’est pourquoi les initiatives en soutien à la santé mentale sont primordiales puisqu’elles apportent des fonds, mais aussi parce qu’elles mettent l’accent sur l’amour, la sensibilisation et l’entraide, trois choses à mon sens primordiales.

J’aimerais vous remercier pour la sensibilité que vous témoignez aux personnes concernées, qu’il s’agisse de femmes, d’hommes ou d’enfants, puisque les enfants n’échappent pas à ça non plus, à un âge malheureusement de plus en plus précoce.

Merci pour votre implication collective et pour votre intérêt.

Maryam

 

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