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Le Dr Phil Gold : un parcours exceptionnel


Dr Phil Gold

Au cours de sa carrière s’échelonnant sur 60 ans, le Dr Gold a obtenu le statut de légende grâce à ses réalisations dans les domaines de la recherche sur le cancer et l’immunologie, de la pratique clinique, de l’administration hospitalière et de l’enseignement. Aujourd’hui âgé de 84 ans, il cumule plus de lettres après son nom qu’en compte l’alphabet au complet, et tant de récompenses et de distinctions qu’il ne peut les citer toutes. En 1961, le Dr Gold, alors résident de première année à l’Hôpital général de Montréal, constate les ravages du cancer : « J’ai vu tant de patients souffrir, se souvient-il, et tout ce que nous pouvions faire, c’était les soumettre à d’importantes radiations, les gaver de médicaments et entretenir l’espoir. Je me suis dit que nous pouvions sûrement faire mieux. »

Une aiguille dans une botte de foin

En 1963, le Dr Gold entreprend un doctorat en physiologie au laboratoire du Dr Samuel Freedman, immunologiste clinique qui deviendra doyen de la Faculté de médecine de l’Université McGill de 1977 à 1981. Sa trajectoire de carrière change radicalement lorsqu’il tombe sur un article traitant de la tolérance immunologique; il conçoit alors un plan visant à induire une tolérance aux tissus intestinaux humains normaux chez un lapin nouveau-né.

L’expérience inusitée du Dr Gold produit des résultats spectaculaires. Il réussit à induire une tolérance aux tissus intestinaux humains normaux chez des lapins nouveau-nés, à leur injecter des cellules cancéreuses humaines du côlon à l’âge adulte, et à déceler les différentes réactions du système immunitaire des lapins aux cellules cancéreuses et aux cellules normales. Et il trouve ce qu’il cherche : l’antigène carcinoembryonnaire (ACE), une protéine qui signale la présence d’un cancer.

Quand la nouvelle de son expérience se répand, la carrière du Dr Gold prend son envol. L’article qu’il cosigne avec le Dr Freedman devient, à un moment donné, le plus cité dans la littérature médicale, et la FDA (U.S. Food and Drug Administration) reconnaît rapidement l’ACE comme premier marqueur tumoral humain du cancer. Encore aujourd’hui, les cliniciens utilisent un test sanguin de l’ACE pour diagnostiquer et gérer certains types de cancer, en particulier les cancers du gros intestin et du rectum. Selon le Dr Abraham Fuks, autre immunologiste renommé de McGill qui a déjà été doyen de la Faculté de médecine, le Dr Gold a réussi un exploit inédit. « Peu de tests de laboratoire conçus en 1965 sont encore utilisés cliniquement à ce jour, dit-il. C’est ce qui arrive lorsque des personnes très ambitieuses et talentueuses parviennent à concrétiser des idées créatives. »

Le grand-père de la recherche sur le cancer

Dr. Gold working in his lab in 1965.

Avec ses collègues, le Dr Gold tire parti de la découverte de l’ACE pour écrire un nouveau chapitre de la recherche sur le cancer et des soins cliniques. En 1978, il accepte le poste de directeur du tout nouveau Centre du cancer de McGill, devenu au fil du temps le Centre de recherche sur le cancer Rosalind et Morris Goodman, de renommée mondiale.

« Les personnes comme le Dr Gold voient l’avenir, déclare le Dr David Eidelman, actuel doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université McGill. Contrairement à la plupart des gens de sa génération, il a abordé le cancer comme un sujet d’enquête mécaniste plutôt que comme une maladie mystérieuse et désespérément incurable. » La découverte de l’ACE a permis à plus d’une carrière scientifique de décoller au fil des ans. La Dre Nicole Beauchemin, chercheuse principale au Centre de recherche sur le cancer Goodman, se considère comme la « petite-fille scientifique » du Dr Gold. « Avec la découverte de l’ACE, il a ouvert un nouveau champ de recherche et a inspiré des dizaines d’équipes de recherche à poursuivre ses travaux », dit-elle.

En 1986, la Dre Beauchemin met son expérience en biologie moléculaire et en clonage au service d’un projet du Centre du cancer visant à cloner le gène de l’ACE. Conjointement avec d’autres chercheurs, elle découvre ensuite près de 30 autres gènes, tous liés d’une manière ou d’une autre à la protéine de l’ACE originale. En utilisant ces protéines comme marqueurs pour suivre, traiter et comprendre les cellules cancéreuses, l’équipe développe des thérapies ciblées basées sur les profils d’expression génique.

Un optimisme à toute épreuve

En 1980, le Dr Gold revient à l’Hôpital général de Montréal en tant que médecin en chef. À l’époque, le Dr Christos Tsoukas, directeur de la Division d’allergie et d’immunologie clinique du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) depuis 2007, est résident. « Le Dr Gold se faisait un point d’honneur d’établir avec les résidents des relations cordiales, dans un esprit de collégialité, se souvient le Dr Tsoukas. Cette attitude semble avoir été adoptée par tous les résidents devenus ensuite directeurs et chefs de division. Au lieu de dicter, Dr Gold a toujours opté plutôt pour l’encouragement — avec son sens de l’humour rafraîchissant. »

Lorsque le Dr Gold devient médecin en chef à l’Hôpital général de Montréal, son enthousiasme pour le poste est mis à l’épreuve par la situation désastreuse des finances. « En termes simples, dit-il, les coffres étaient vides : il n’y avait pas d’argent pour faire ce qu’il y avait à faire. » Selon le Dr Fuks, ce qui frappe le plus lorsqu’on travaille avec le Dr Gold, c’est son optimisme à toute épreuve. Même dans les contextes de financement plus moroses, il est si résolument optimiste qu’il peut parfois sembler idéaliste.

En fin de compte, sa confiance absolue aura joué un rôle déterminant pour obtenir le soutien de généreux donateurs et convaincre le personnel d’économiser de plein gré. Lorsqu’il quitte ses fonctions en 1995 pour devenir directeur du Centre de recherche clinique du CUSM, les coffres sont bien regarnis.

Dr. Gold with his wife Evelyn at the Research Awards in 2019

L’héritage
On peut difficilement surestimer l’influence du Dr Gold au cours des 50 dernières années. Il donne encore des conférences lorsqu’on l’invite, et il est satisfait de l’héritage qu’il laisse — à juste titre —, au moment de prendre une retraite bien méritée. « Mon héritage, dit-il, ce sont mes étudiants, mes enfants et mes petits-enfants, qui ont tous accompli de grandes choses. Je les invite maintenant à prendre la relève. Mon parcours a été unique. J’en suis très reconnaissant. »

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